La politique

Le roman en miroir

 

La Restauration marque le retour des Bourbons sur le trône de France. La monarchie soumet la presse à la censure. Les militants ultra-royalistes et les tenants de la religion complotent pour secourir la monarchie.

 

Entrée dans la ville de Paris, de sa majesté Louis XVIII Roi de France et de Navarre, le 4 mai 1814, Marj. His. 3700
Entrée dans la ville de Paris, de sa majesté Louis XVIII Roi de France et de Navarre,
le 4 mai 1814, Marj. His. 3700

 

« Après la lumière, on a eu la boue ». Ayant perdu ses titres et ses fonctions, Stendhal part pour Milan, l’anti-Grenoble, d’où il sera chassé en 1821. Dès lors, il va traiter de l’actualité politique qu’il suit au jour le jour et manger du jésuite. L’obscurantisme triomphe après le règne des Lumières et avec lui les ennemis de la civilisation selon Stendhal, plus attaché à la liberté qu’à une forme de gouvernement en particulier.

 

Un éteignoir, croquis de Stendhal extrait de Histoire de la peinture en Italie, 24 juillet 1815, R.289 (5) Rés., folio 211
Un éteignoir
Histoire de la peinture en Italie, R.289 (5) Rés., p.211

 

Avec la Restauration revient au pouvoir la monarchie des Bourbons dans « un pays sans gloire » où les lois piétinent la liberté. Leur entreprise politique est obscurantiste, elle éteint le feu des lumières de la révolution. « La Haine des tyrans a été ma plus forte passion après l’amour et la gloire » (Journal). L’actualité devient sa principale source d’inspiration et, le temps d’une chronique, il décrit les rouages de la vie politique sous Louis-Philippe avec plus de minutie qu’un traité de droit constitutionnel.

 

Une réception à la cour du roi Pétaud, caricature d’Honoré Daumier, dans La Caricature, 25 août 1832, A.812 (2) Rés.
Une réception à la cour du roi Pétaud, caricature d’Honoré Daumier
Extrait de La Caricature, 25 août 1832, A.812 (2) Rés.

 

« Le plus fripon des kings » (Vie de Henry Brulard) est la cible de choix des journaux satiriques de l’époque. Le caricaturiste représente ici le roi Louis-Philippe au milieu de personnages corrompus qui symbolisent le régime : ceci valut au journal l’arrêt définitif de la censure.

 

Lucien Leuwen, par Stendhal, R.301 (1) (1) Rés., folio 4
Lucien Leuwen, R.301 (1) (1) Rés., folio 4 recto

 

Dans Lucien Leuwen, roman inachevé composé entre 1834 et 1836 et publié après la mort de l’auteur, le lecteur plonge dans la réalité du régime de la monarchie de Juillet. Cette œuvre d’imagination est un véritable manuel d’art politique.

 

Par tempérament, Stendhal oscille constamment entre des partis opposés : il se plaît à comparer les systèmes politiques mais ne s’éloigne jamais de la connaissance du cœur humain qui demeure son principal centre d’intérêt.

 

Le volcan liberté, lithographie d’Auguste Desperret, dans La Caricature, n° 135, 6 juin 1833, A.812 (2) Rés.
Le volcan liberté, lithographie d’Auguste Desperret
Extrait de La Caricature, 6 juin 1833, A.812 (2) Rés.

 

« Notre ennemi, c’est notre maître » : ce vers de La Fontaine séduit Stendhal (Lettre à Pauline, 22 août 1805). Stendhal est en définitive indifférent à la forme de gouvernement. La seule chose qu’il considère, c’est la somme de liberté qui lui est accordée. Bonheur et liberté sont une seule et même entité.

 

La Chartreuse de Parme. A. Dupont, 1839, V.36618 Rés.
La Chartreuse de Parme, V.36618 Rés.

 

Cet exemplaire de La Chartreuse de Parme comporte un envoi autographe de Stendhal à Romain Colomb, « le meilleur des amis et des collaborateurs ».

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