Cosmographia de Ptolémée, la géographie à l’époque de l'Empire romain
Claude Ptolémée, célèbre astronome, mathématicien et géographe grec, rédige vers l’an 150 sa Géographie des régions habitées connues, plus tard appelée Cosmographie. Il compile l’ensemble des connaissances de l’époque, alors basées sur les mesures, le calcul, l’observation des astres et les témoignages des explorateurs. À partir des coordonnées de plus de 8000 lieux, il dresse des cartes géographiques représentant l’emplacement des villes, des montagnes et des fleuves. Son œuvre se perd au fil du temps, pour être ensuite redécouverte au 11e siècle, dans une traduction arabe, puis au 14e siècle, en latin et en grec.
La première impression du texte, traduit en latin par Jacopo d’Angelo, humaniste italien et traducteur de Plutarque et Ptolémée, est publiée en 1475, sans cartes. La première édition illustrée, attribuée à Nicolaus Germanus, géographe allemand, paraît en 1477 à Bologne. L’exemplaire conservé à Grenoble en est une édition postérieure, mise à jour et imprimée en 1486 à Ulm. Il intègre un traité intitulé De Locis ac mirabilibus mundi et primo de tribus orbis partibus, une compilation sur les pays, les mers, les montagnes et les catastrophes. Toutes ces éditions sont des incunables. C’est ainsi qu’on appelle les premiers livres imprimés en Europe jusqu’en 1500.
Les 32 cartes en couleur, gravées sur bois, sont l’œuvre du graveur et cartographe Johannes Schnitzer d’Armsheim, en Allemagne. Il est le premier graveur à faire figurer son nom sur une carte. On retrouve l’inscription « Insculptum est per Johanne Schnitzer de Armsheim » en haut de la carte du monde.
Le texte est divisé en huit livres. Il est orné de lettrines xylographiées et coloriées à la main. Le premier livre présente les données et la méthode utilisée pour dessiner les cartes. Les livres deux à sept sont composés des lieux géographiques et de leurs coordonnées topographiques, en progressant d’ouest en est, de l’Irlande jusqu’en Inde. Le huitième livre regroupe les cartes d’Europe, d’Afrique et d’Asie, réalisées à partir des données et des calculs pour projeter une sphère sur une feuille plane.
L’enluminure ci-dessus représente le traducteur, Nicolaus Germanus, à l’époque où il était moine bénédictin au prieuré de Reichenbach, offrant son livre au pape Paul II.
Sources
JOCTEUR MONTROZIER, Yves (dir.). Mille ans d’écrits : trésors de la bibliothèque municipale de Grenoble. Grenoble : Glénat, 2000. p. 60
